Chronique

Bourse Suisse aux Spectacles 2011 de la chroniqueuse Marianne Finazzi

Marianne Finazzi suit la Bourse Suisse aux Spectacles en tant que chroniqueuse 2011 et raconte régulièrement du Centre de culture et de congrès KKThun flambant neuf. Marianne Finazzi a passé son enfance à Muriaux. Engagée comme éléve-comédienne au TPR, elle suit des cours de chant, de diction et de comédie. Elle a participé à de nombreux spectacles. Pendant sept ans, elle est responsable des manifestations culturelles du Centre interrégional de perfectionnement (CIP) à Tramelan. Elle donne des cours de voix, de lecture, de diction et d'élocution. Elle enregistre des livres pour la Bibliothèque sonore de Lausanne. Avec Alexandre Voisard, écrivain et poète jurassien, elle met en place un répertoire de lectures. En 2007 elle est nommée présidente du Cercle littéraire de la Société Jurassienne d'émulation. Pendant 28 ans, elle a occupé un poste d'animatrice culturelle au Théâtre de Poche de Bienne. Photo Jeanne Chevalier.

Marianne Finazzi ha trascorso la sua infanzia a Muriaux. In seguito, studente-attrice presso il TPR, prende lezioni di canto, dizione e recitazione. Ha preso parte a numerosi spettacoli. Per 28 anni, ha espletato con successo il ruolo d'animarice culturale al Théâtre de Poche di Bienne.

Marianne Finazzi hat ihre Kindheit in Muriaux verbracht. Schauspielschülerin beim TPR, wo sie Gesangskurse, Kurse in Sprecherziehung und Theater belegt. Sie hat an zahlreichen Aufführungen mitgewirkt. Während 28 Jahren war sie Kulturanimatorin im Théâtre de Poche in Biel.

Mercredi 13 avril 2011

Arrivée à 15.30 heures: tout se met en place pour la 52ème Bourse Suisse aux Spectacles. Il règne une certaine fébrilité dans cette nouvelle salle fraîchement inaugurée, le KKThun. Ces dames de l'atp sont disponibles et souriantes, comme des petites souris, elles révisent tout. C'est à l'Ancienne Couronne à Bienne, au cœur de la Vieille Ville, que tout se prépare pendant des mois. L'équipe de l'atp bichonne cet événement avec patience, efficacité et professionnalisme.

A 17.00 heures, conférence de presse et là, première surprise pour ne pas dire déception, les francophones brillent pas leur absence. Là, je fais la connaissance de Gabriel Vetter appelé à faire les chroniques en langue allemande. Entre nous le courant passe rapidement. S'ensuit un apéritif dînatoire où les spécialités st-galloises flattent les papilles gustatives des nombreux participants. Premières rencontres, premières bises. Les années passent mais les passions pour le spectacle restent. Retrouvailles heureuses et rappels de souvenirs. Attention, la nostalgie peut devenir un vice!!!

A 20.00 heures, Soirée de gala des arts de la scène pour VIP, où le gratin politique et artistique se côtoient en bon voisinage. Tenue de soirée non exigée et là je serais tentée de parler des tenues vestimentaires de ces dames où l'élégance fait bon ménage avec le mauvais goût, mais passons, tel n'est pas mon propos. Et la soirée commence, les lauréats du Prix Suisse de la Scène, Karl's kühne Gassenschau, nous font revivre l'ambiance de Silo 8. Emotion! Sont honorés également Kathrin Bosshard, Theater Fleisch + Pappe, qui reçoit le Prix Suisse d'Innovation et nous invite à pénétrer dans un univers très particulier où des animaux bizarres tiennent des propos étranges. Peter W. Loosli, pionnier du théâtre de marionnettes, a reçu le Prix d'Honneur de l'atp. Le présentateur Marco Fritsche salue le public, en français s.v.pl. Considérant les réactions des spectateurs j'en déduis qu'il a de l'humour. Il souligne la présence de Mme Doris Leuthard et de M. Bernard Pulver. Les prestations de la soirée sont de grande qualité. Tous les intervenants ont, de près ou de loin, collaboré avec Karl's kühne Gassenschau. Sans entrer dans les détails, j'ai été impressionnée par la prestation du Duo Luna-tic, deux dames drôles et imprévisibles. Hell & Schnell, un couple de concierges typiquement suisses, Öff öff Productions dans une chorégraphie très particulière. Thomas Kreimeyer improvise avec le public. Malgré mes connaissances limitées de la langue de Goethe, j'ai été fascinée par sa prestation, sa précision et son élégance. Un bémol toutefois, les deux chansons françaises auraient mérité d'être mieux servies, surtout «Il est cinq heures, Paris s'éveille» de Jacques Dutronc, mais passons! Vers 22.30 heures, fin de la partie officielle, mais la soirée n'est pas terminée pour autant. On se retrouve autour d'un bon verre de rouge et la soirée se prolonge …

Jeudi 14 avril 2011

8.30 heures – Hôtel Holiday: des visages encore endormis sirotent un café fort qui devrait leur permettre de glisser lentement dans une nouvelle journée, une nouvelle aventure avec son lot de surprises et de découvertes. On parle à bâtons rompus de la Soirée de gala, des rencontres et chacun part de son côté.

Cette journée est encore réservée à la mise en place et au «fignolage» de dernière minute. Martine Clémence me fait visiter les salles de spectacles, de conférences, les loges et les bureaux de cet immense bâtiment, le KKThun  appelé à recevoir des événements importants tels que congrès, forum, banquets, spectacles et fêtes en tous genres.

Aujourd'hui j'ai décidé de déambuler, d'observer, d'écouter et de m'arrêter, de me laisser imprégner par l'ambiance. Le temps passe très vite et je comprends que, n'ayant pas le don d'ubiquité, je n'aurai de cette Bourse qu'une vision partielle, donc subjective.

Après le repas de midi, sur la terrasse de l'Ecole hôtelière, j'entends les techniciens d'Eclipse parler du KKThun, de ses avantages et aussi de certaines questions liées à son utilisation. En ironisant, ils font des comparaisons avec le Palace de Bienne! En les écoutant et après avoir parlé avec Laurent Sandoz des impératifs à prendre en compte pour créer un tel lieu, je réalise la complexité du projet. J'ai toujours essayé de m'imaginer ce qui se passe en coulisses, avec quelle dextérité, quel calme et quelle diplomatie aussi, l'équipe technique doit jongler entre les différentes prestations et les exigences des artistes. En laissant traîner une oreille, j'ai entendu, à maintes reprises, chanter les louanges de l'équipe technique, de leur disponibilité et leur professionnalisme. Les commentaires ne tarissaient pas d'éloges non plus pour l'équipe de l'atp et les dames de la réception.

Dans le courant de l'après-midi déjà, arrivent les premiers agents et artistes. C'est un défilé de valises, de sacs à dos et d'accessoires plus ou moins hétéroclites. La plupart des nouveaux arrivés sont souriants et heureux d'être là. Ils investissent les stands qu'ils ont loués. Bien sûr, comme toujours, il y a les «râleurs», ces irréductibles qui, chaque année, trouvent à «redire» sur l'organisation.

Le temps passe très vite et déjà nous arrivons à la Soirée de gala avec remises de Prix. Le programme est le même que celui de la soirée précédente avec en plus, quelques discours. M. Moritz Leuenberger rend un vibrant hommage à Karl's kühne Gassenschau. Il parle de leurs précédents spectacles, de là à penser qu'il est un fan, il n'y qu'un pas. Il parle aussi du prochain spectacle qui est en pleine gestation et qui s'appellera «Fabrikk». Là aussi, je ressens une certaine frustration car je ne comprends que partiellement ses propos, mais assez quand même pour réaliser qu'il manie le jeu de mot avec aisance et une pointe d'ironie voire de provocation. Peut-être peut-il maintenant s'exprimer plus librement, n'ayant plus la collégialité à respecter!!! Ces jeux de mots autour de KKG semblaient ravir le public.

Vendredi 15 avril 2011

Avant de parler du début de la Bourse proprement dite, j'ai envie de revenir sur l'absence des «welches». Pourquoi cette absence constatée d'année en année? J'essaie de comprendre. J'ai sous les yeux le guide touristique de la ville de Thoune et sur la page de couverture est écrit «Thun city guide – Our town. To love. To Live – Die Stadt. Lieben. Leben». En page 3, le texte du Président du tourisme figure en allemand et en anglais et celui de bienvenue du maire également. Si après ça les romands ne se sentent pas exclus, je me mords au front!!! Au bistrot, où se trouve «Point Pastis» autrement dit le rendez-vous des romands, la carte des mets est en allemand uniquement. Edifiant, non? Et on voudrait nous faire croire que la barrière de rösti n'existe pas? A relever quand même que certains serveurs et serveuses font l'effort de parler dans la langue de Molière et y prennent même un certain plaisir me semble-t-il. Une partie de la restauration et du service, pendant la Bourse, est assumée par les étudiants de l'Ecole hôtelière de Thoune.

Mais de leur côté, les romands sont-ils sans reproches? Pourquoi préfèrent-ils aller «faire leur marché» à Paris ou en Avignon, est-ce plus chic? Bien sûr à la Bourse, la plupart des prestations sont en langue allemande, sans paroles ou musicales. Mais ce fait ne pourrait-il pas changer s'il y avait un intérêt plus pressant de la part des francophones. A préciser quand même que quelques irréductibles romands viennent chaque année à Thoune, qui n'est pas seulement un rendez-vous de spectacles, mais un lieu de rencontres aussi et de retrouvailles.

Vendredi le «marché aux spectacles» est ouvert, les artistes sélectionnés affronteront le public et surtout les organisateurs de spectacles, appelés à les inviter dans leur théâtre. Le public se bouscule au portillon. Des spectacles? Il y en a pour tous les goûts. J'ai consulté le programme, fait une sélection tout en sachant que je ne pourrai pas tout voir. Alors je reprends ma promenade, me laisse guider au gré des rencontres et des humeurs. Je vois une belle dame en manteau rouge déambuler, perchée sur des hauts talons. Elle observe les gens sans dire un mot, flanquée d'un personnage coiffé d'une casquette d'aviateur, qui reluque les passants en brandissant une affiche annonçant leur prestation du lendemain. J'aime ces personnages insolites et hors du temps, avec de grands yeux ronds, étonnés d'être là. J'irai les applaudir demain et verrai si j'ai eu raison d'espérer un moment exceptionnel.

Mon intention était d'aller visiter tous les stands loués aux artistes et aux agences. 164?! J'avoue humblement que j'ai flanché. En me baladant dans les différents étages, je n'ai pu m'empêcher de repenser à une Bourse organisée à Bienne, il y a fort longtemps. Les stands étaient d'une sobriété déconcertante, quelques affiches, des tracts ... En 2011, plus rien à voir, un matériel électronique sophistiqué, une qualité d'images irréprochable, dvd, documentations sur papiers glacés, chocolats et petits biscuits ...

Samedi 16 avril 2011

Ce matin, comme les précédents, je déambule dans cet immense labyrinthe, le KKThun. Je vois des visages, certains souriants, d'autres soucieux. Une file de spectateurs attend patiemment pour assister aux premières prestations du jour. J'ai bien l'intention de tenir ma promesse et j'irai voir la dame en rouge et l'aviateur de la Compagnia Spettatori. A 11 heures, Tulpirella, deux comédiennes de langue allemande, drôles, débordantes de vitalité, de talent et d'humour, séduisent le public en délire. Et comme toujours je ne comprends pas tout, mais je sens un immense potentiel chez ces deux dames.

Je refuse de faire du favoritisme mais je ne peux pas m'empêcher de parler d'un spectacle, un seul, un immense coup de coeur (que les autres artistes me pardonnent). Il s'agit de la Compagnia Spettatori. Huit personnages investissent la scène avec une souplesse, une légèreté et une élégance rares. Je ne me suis pas trompée. Mes attentes étaient justifiées. Ce fut un grand moment de théâtre, de musique, de danse, d'humour, de drôlerie et d'absurde. Standing ovation d'un public conquis.

A 13 heures le programme reprend dans la grande salle Schadau et là, une fois encore, je suis tiraillée entre l'envie de m'installer confortablement en spectatrice dans un fauteuil et celle de partir à la recherche d'échos recueillis ça et là. Je décide de faire un tour du côté des stands et là, je vois des artistes et des agents qui attendent patiemment, avec une certaine anxiété, la visite de programmateurs intéressés.

Si la plupart des spectacles sont présentés à la salle Schadau, à la salle Lachen, sans oublier les animations de la Piazza, d'autres le sont hors les murs sur la place Waisenhaus, au Freienhof et à l'Alte Oele. Dès 23 heures et jusque tard dans la nuit, la salle Lachen se transforme en Late Night Bar et là les «fêtards et les fêtardes» peuvent s'en donner à cœur joie.

Un peu lasse, je m'installe dans un coin d'où je peux observer les allées et venues. Je sais que je ne serai pas seule longtemps, assez pourtant pour laisser vagabonder mes souvenirs. Je me rappelle, avec une immense émotion, que c'est à une Bourse aux Spectacles que, pour la première fois, j'ai pu applaudir Gardi Hutter, Yolande Moreau, Giorgio Conte, Le Cirque du Trottoir, les Funambules, Jeanpico, Abel et Gordon, Azimuth et Trémouillé et tant d'autres que régulièrement nous avons accueillis au Théâtre de Poche à Bienne.

Dimanche 17 avril 2011

Dernier jour: A voir les visages et les yeux cernés de certains participants, je constate que les festivités nocturnes en ont réjouis plus d'un! Qu'à cela ne tienne, ils ne sont pas là que pour faire la fête et assument donc leur responsabilité en vrais professionnels. A l'entrée de la salle, la file d'attente est impressionnante.

Pour terminer ces chroniques, voici quelques témoignages recueillis chez des promoteurs, artistes, agents et programmateurs qui ont pris part à cette 52ème Bourse Suisse aux Spectacles:

Béatrice Schmidt, cheffe de projet, attachée au Pour-cent culturel Migros qui soutient le Prix Suisse d'Innovation de l'atp. Béatrice Schmidt me donne à chaud ses impressions concernant le nouvel espace KKThun. Elle le trouve spacieux, lumineux et convivial. Selon elle, la Bourse aux Spectacles représente un point stratégique pour le Pour-cent culturel Migros. C'est là qu'elle découvre des spectacles dans le but de les engager, de les promouvoir ou de les soutenir financièrement. Elle a pour tâche également de rencontrer des directeurs de petites salles en vue d'apporter un soutien financier à la programmation de plusieurs structures dans toute la Suisse.

Gabriel Vetter, slameur et journaliste, responsable des chroniques en langue allemande. Pendant la durée de la Bourse, il se promène, se laisse imprégner comme une éponge par ce qu'il entend et ce qu'il voit. Il apprécie spécialement les rencontres et les nombreux contacts qu'il a pu établir. Ces chroniques? Il les veut un brin provocatrices et ironiques.

Antoine Zivelonghi, Compagnia Spettatori. Pour cette jeune compagnie de huit personnes, c'est la première Bourse. Considérant l'importance de l'investissement personnel et financier, il est très content du résultat. Il considère que la possibilité de faire connaître le travail de cette troupe en direct est un grand privilège qui devrait porter ses fruits. Il vante les mérites de l'organisation et est enchanté par l'équipe technique.

Jean- François Guex et Philippe Laedermann, programmateurs du Théâtre Pam (Pré-aux-moines) à Cossonay. Ces deux messieurs bouclent leur 5ème saison. C'est la première fois qu'ils participent à une Bourse Suisse aux Spectacles. Curieux, ils fonctionnent aux coups de cœur. Deux spectacles les ont particulièrement séduits, la Compagnia Spettatori et le Cabaret Grotesque de la Compagnie Buffpapier. Ils ont spécialement apprécié l'ambiance générale de la Bourse, les spectacles, le Point Pastis, les rires, le professionnalisme de l'organisation et le côté festif.

Dimanche après-midi la 52ème Bourse Suisse aux Spectacles de l'atp touche à sa fin. J'en profite pour me promener, une dernière fois. Les artistes, les agents rangent leur matériel et quittent les lieux. Il y a ceux qui s'en vont, euphoriques, avec des promesses d'engagements, d'autres en revanche, sont tristes et déçus, ils n'ont pas rencontré l'intérêt qu'ils attendaient.

Pour clore cette semaine intense et riche en événements, les collaborateurs et collaboratrices de l'atp, l'équipe technique et les bénévoles se retrouvent autour d'un dernier repas et là les commentaires fusent, certaines anecdotes provoquent des fous rires à mettre sûrement sur le compte de la fatigue.

Bourse Suisse aux Spectacles 2011 du chroniqueur Gabriel Vetter

Gabriel Vetter suit la Bourse Suisse aux Spectacles en tant que chroniqueur 2011 et raconte régulièrement du Centre de culture et de congrès KKThun flambant neuf. Gabriel Vetter est l'un des plus connus du monde suisse de la littérature de scène. Vetter a débuté sa carrière de Spoken Word lors de Poetry Slams et il a déjà remporté à deux reprises le titre de champion allemand de slam. 2006 il a gagné le Salzburger Stier comme lauréat le plus jeune jusqu'à présent. Gabriel Vetter fait des tournées dans tout l'espace germanophone avec ses spectacles plusieurs fois primés.

Gabriel Vetter ist an der Schweizer Künstlerbörse 2011 als Chronist unterwegs und berichtet laufend aus dem nigelnagelneuen Kultur- und Kongresszentrum KKThun. 1983 in Schaffhausen geboren, ist Gabriel Vetter einer der bekanntesten Exponenten der Schweizer Bühnenliteratur-Szene. Vetter begann seine Spoken-Word-Karriere an Poetry Slams und wurde bereits zwei Mal (2004, 2007) mit dem deutschsprachigen Slam-Champion-Titel ausgezeichnet. 2006 gewann er als bisher jüngster Preisträger den renommierten Salzburger Stier. Mit seinen mehrfach prämierten Bühnenprogrammen («Tourette de Suisse», «Menschsein ist heilbar») ist er im gesamten deutschsprachigen Raum unterwegs. Neben Texten für die Bühne schreibt Vetter regelmässige Kolumnen und gelegentliche Reportagen für die Basler Zeitung, die Thurgauer Zeitung und das Architektur-Magazin Hochparterre, und verfasst Hörspiele («Personenschaden»), Radio-Satiren («Vetters Töne», DRS1) und Film-Scripts («Der Conny ihr Pony», «Der wilde Petretzel»). Gabriel Vetter lebt und arbeitet in Basel und Florenz.

Gabriel Vetter è uno degli esponenti più noti della scena svizzera di letteratura da palcoscenico. Vetter ha iniziato la sua «Spoken Word» carriera a dei «Poetry Slams» e per la seconda volta ha ricevuto il premio germanofono Slam Championship. Con i suoi pluri premiati spettacoli scenici, è di casa in tutti i paesi di lingua tedesca.

drehundangel.ch/gabriel_vetter
smaat.de 

Alle unter einem Dach

Eins vorweg: Im nigelnagelneuen KKThun ist am ersten Tag der Schweizer Künstlerbörse niemandem die Decke auf den Kopf gefallen. Der gerade erst eröffnete Gebäudekomplex sieht zwar ein wenig aus wie das WestSide in Bern, erweist sich am ersten Gala-Abend aber als zuverlässiges Neu-Heim der Künstlerbörse. Obwohl ktv-Geschäftsführer Claus Widmer am Presseapéro noch schmunzelnd verlauten lässt, dass im Haus die Technik derart neu sei, dass noch gar nichts funktioniere, klappt zu Beginn der 52. Börse alles bestens. Zwar bocken die Ticket-Scanner beim Schadausaal noch, aber das macht ja nix – KleinKunst ist sich Handarbeit schliesslich gewohnt. Auch kulinarisch läuft's rund: Beim offiziellen Gala-Apéro, kredenzt vom Gastkanton St. Gallen, steht der Berner Stadtpräsident Alexander Tschäppät mit konzentrierter Miene beim Buffet und schaufelt begeistert Rheintaler Ribelmais. «Also, dieser Ribelmais ist sehr gut», sagt Tschäppät – und gestattet sogleich interessante Einblicke in präsidiale Essgewohnheiten: «Ich bin halt ein einfaches Gemüt. Ich habe ja auch einen kindlichen Magen, ich esse zum Beispiel Hamburger sehr gern.» Der Bühnen-Abend dann, mit wohltuender Schnoddrigkeit moderiert vom schnieken Marco Fritsche, ist wohl das, was man eine perfekte KleinKunst-Schau nennt. Die Mixed Show – unter anderem mit Darbietungen der diesjährigen KleinKunst-Preisträger Karl's kühne Gassenschau und der Innovations-Preisträgerin Kathrin Bosshard – ist ein Paradebeispiel anarcho-kreativer Energie. A propos: Energieministerin Doris Leuthard ist auch da. Hartnäckige Gerüchte, dass die Bundesrätin noch an der Künstlerbörse die Stillegung aller AKW des Landes verlauten lassen und fortan auf nachhaltigen, sauberen Flüchtlingsstrom aus Afrika setzen würde, haben sich (noch) nicht bewahrheitet. Leuthard ist auch an der Börse in gewohnter Rolle als Zuschauerin da. Eine erste Beobachtung von der Röschtigraben-Front: Die Raucher an der Börse kommen überwiegend aus dem Welschland. Die vorherrschende Sprache an den Aschenbechern vor dem Saal war auf jeden Fall français. In diesem Sinne: Santé!

Schlüpfriges Damoklesschwert

Der Freitag ist der Tag der Ankunft an der Schweizer Künstlerbörse. Erste Erkenntnis diesbezüglich über das Naturell der Kleinkünstler: Gaukler reisen mit dem eigenen Kleinbus älteren Jahrgangs an, während die Kabarettisten eher den ÖV benutzen. Natürlich hat das logistische Gründe: Wer schon mal versucht hat, auf Stelzen, jonglierend und nur mit Pantomime am Schalter ein Zug-Billet zu lösen, weiss den Komfort des eigenen Autos zu schätzen. Auf jeden Fall hat das VIP-Premierenpublikum das KKThun den Kleinkünstlern, den Veranstaltern und den Agenturen überlassen. Im Foyer beim Empfang herrscht vor allem Staunen: Alles so schön neu hier – aber eben auch verwirrend. So sind die Agentur-Stände neuerdings über zwei verschiedene, voneinander getrennte Trakte verteilt, was eine Art Thuner Apartheid mit sich bringt. Orientierung will hier gelernt sein. An dieser Stelle eine kleine Bitte an die Putzkolonne im KKThun: Falls Sie Sonntag Nacht irgendwo in einer dunklen Ecke den einen oder anderen eingeschüchterten Clown auffinden, geleiten Sie ihn doch bitte zum Ausgang; der Arme hat sich nur verlaufen. Das neue architektonische Ambiente sorgt weiterhin für Gesprächsstoff: So wundern sich einige Börsengänger über die Kunst-am-Bau-Installation von Sibylla Walpen: Der Verdacht, dass das rosafarbene Ding, das im Restaurant de la Scène – sinnigerweise direkt über der Kaffee-Maschine – hängt, tatsächlich ein von einer Hand umschlungener Phallus ist, lässt sich nicht so einfach, pardon, abschütteln. An den Wänden hängen aber nicht nur schlüpfrige Damoklesschwerter, sondern auch Sprüche von Persönlichkeiten, die in irgendeiner Weise von Thun inspiriert wurden. So liest man Sätze von Brahms, Kleist, Bärfuss, Walser oder Goethe. Fehlt eigentlich nur noch Hanspeter Latour. Aber der war ja am Mittwoch da. Schade eigentlich, denn so hat er die lustige Donnerstagsrede von Moritz Leuenberger verpasst. Der hat nämlich mit seiner Laudatio das bewiesen, was viele spätestens seit seinem VR-Mandat bei Implenia schon vermutet hatten: Der Ex-Bundesrat ist ein wahrer Komiker.

Die rohe Schönheit der Ostschweiz

Die 2011er-Ausgabe der Schweizer Künstlerbörse ist, das darf man sagen, eine vorbildlich geordnete Angelegenheit. Litfasssäulentechnisch zumindest: Wo in früheren Jahren noch der verrückte Plakatwildwuchs blühte, sind heuer die Werbeposter für die jeweiligen Kleinkunst-Acts ordnungsgemäss ausschliesslich an den dafür zur Verfügung gestellten Wandflächen zu sehen. Wahrscheinlich hat dieser vorauseilende Gehorsam der VeranstalterInnen mit der neuen, edlen Architektur des KKThun zu tun; man traut sich eben noch nicht so richtig, hier die nigelnagelneuen Granit-Wände einfach so mit Stickern zuzukleistern. Verständlich; so ein unberührtes Gelände will und muss ja erst einmal belebt werden. Es war aber tatsächlich eine reichlich lebendige Börse, die auch den vermeintlichen Randgebieten der Kleinkunst gehuldigt hat. So bewiesen zum Beispiel die Gastkanton-St.-Galler Manuel Stahlberger oder die grossartigen Slam-Poeten Etrit Hasler, Renato Kaiser und Marcel Baumgartner mit ihren Shows, dass der St. Galler Dialekt nicht etwa das verbrämte Stiefkind der hiesigen Mundarten ist, sondern eine ganz eigene, eine rohe, eine Schönheit besitzt. Wer übrigens beim Hotel Seepark, schräg gegenüber der Schadau, am Sonntag genau hingesehen hat, mag den Eindruck bekommen haben, dass die St. Galler Künstler feudal mit dem offiziellen Bus des FC St. Gallen nach Hause chauffiert würden. Dem ist leider nicht so. Kollege Zufall wollte es so, dass ausgerechnet am letzten Tag der Börse auch der FC St.Gallen in Thun zu Gast ist.

Der Sonntag ist, nicht zuletzt, auch jener Tag der Börse, an dem die Kulturkommissionen noch einmal – etwas hektischer als die Tage zuvor – in Grüpplein durch die Gänge mäandern und fieberhaft nach den letzten Acts Ausschau halten, die sie noch buchen müssen. So kann man endlich auch die grosse Frage beantworten, was denn Kleinkunst eigentlich ist: Kleinkunst ist das, wofür sich die jeweilige Kulturkommission entscheidet, wenn es Sonntag Nachmittag geworden ist und alle langsam auf den Zug nach Hause müssen.

Petit bilan des deux chroniqueurs de la Bourse

Avec leurs chroniques nourries de leurs observations et expériences à la 52ème Bourse Suisse aux Spectacles de l'atp, ils ont composé un kaléidoscope d'impressions des quatre jours de la Bourse: les deux chroniqueurs Marianne Finazzi et Gabriel Vetter. Dans l'interview avec l'atp, ils évoquent leur travail comme chroniqueurs, les moments forts et les événements plus personnels à l'occasion de la Bourse Suisse aux Spectacles 2011.

Interview avec Marianne Finazzi

Est-ce que tu as vécu cette Bourse Suisse aux Spectacles de manière différente ou nouvelle par rapport aux années précédentes?

En tant que chroniqueuse, j'ai vécu cette 52ème Bourse Suisse aux Spectacles d'une manière complètement différente de celles auxquelles je participais dans le but de découvrir des spectacles que les Kulturtäter inviteraient par la suite au Théâtre de Poche à Bienne. Cette année, j'étais censée me promener partout afin de décrire l'ambiance générale et pour cette raison j'ai vu moins de spectacles.

Comment as-tu abordé ce travail de chroniqueuse de Bourse?

C'est la première fois que j'étais appelée à cette fonction et bien sûr j'étais un peu inquiète. Arrivée sur place, j'ai décidé d'opter pour la spontanéité et me suis laissée guider par mes envies. N'ayant reçu aucune directive de l'atp, je me suis sentie entièrement libre.

As-tu rencontré Gabriel Vetter et discuté avec lui des chroniques à rédiger sur la Bourse?

Lors de la conférence aux médias, mercredi en fin d'après-midi, j'ai fait la connaissance de Gabriel Vetter, chroniqueur de langue allemande. J'ai immédiatement ressenti de la sympathie pour lui et cette complicité s'est confirmée lors de nos rencontres tout au long de la Bourse.

Quels sont les moments ou événements de la 52ème Bourse Suisse aux Spectacles qui t'ont marquée?

J'ai fait de nombreuses rencontres avec des agents, des programmateurs et des artistes avec lesquels j'ai eu d'excellents contacts, et j'en ai retrouvé d'autres, avec plaisir, que je n'avais pas revus depuis plusieurs années.

Quel a été pour toi l'événement-phare de ces quatre jours?

Je garde un beau souvenir de la Soirée de Gala. Karl's kühne Gassenschau a largement mérité le Prix Suisse de la Scène et j'ai eu un immense plaisir de revoir certains personnages de Silo 8. Les différentes prestations de cette soirée étaient d'une grande qualité. Ce qui m'a frappée aussi, c'est le professionnalisme des équipes administratives et techniques. Le nouveau KKThun a été investi de manière optimale.

Dans tes chroniques de la Bourse, tu évoques à plusieurs reprises les barrières linguistiques dans les productions (suisses) allemandes et tu appelles les Romands à venir plus nombreux à la Bourse Suisse aux Spectacles. Quelles passerelles pour franchir le Röstigraben de la Bourse proposes-tu en tant que visiteuse francophone?

Comme chaque année, le manque d'intérêt des francophones est à déplorer et il semblerait que les choses ne changent pas. Que faudrait-il faire? Je pense que cette question est encore et toujours posée par les responsables de l'atp. Peut-être faudrait-il travailler davantage avec les médias de Suisse romande. Lors de la conférence aux médias, une journaliste francophone a fait une brève apparition, avant de disparaître. Peut-être aussi faudrait-il informer de manière plus soutenue les directeurs de théâtres, les programmateurs, les agents et les artistes. Peut-être faudrait-il donner une plus grande place à la langue française. Je sais que des efforts sont faits dans ce sens, mais peut-être n'est-ce pas suffisant. Qu'on le veuille ou non l'atp a une forte connotation alémanique. Remédier à cette situation est sûrement un travail de longue haleine. Que se passerait-il si l'atp faisait un tournus et organisait la Bourse Suisse aux Spectacles chaque année en région alémanique, francophone ou italienne? Y aurait-il une même affluence des autres régions? Je crois savoir que la Bourse Suisse aux Spectacles aura lieu à Thoune pour plusieurs années encore. En effet, une enquête a été faite dans une dizaine de villes suisses et c'est la seule qui a réuni presque tous les critères requis par l'atp. L'itinérance de la Bourse Suisse aux Spectacles jusqu'en 1998 a bien prouvé que les Romands se déplaçaient difficilement, même lorsqu'elle était organisée en Suisse romande.

Interview: Annika Bangerter, traduction: Patricia Chatelain, Tradirapid

Interview avec Gabriel Vetter

En portant la casquette de chroniqueur, as-tu vécu cette Bourse Suisse aux Spectacles de manière différente ou nouvelle par rapport aux années précédentes?

Je l'ai bien sûr vécue différemment, même si, en ce qui concerne la Bourse Suisse aux Spectacles, je suis encore assez novice et que, par conséquent, je n'ai pas énormément de points de comparaison. On se déplace cependant autrement en tant que chroniqueur. Il y a d'autres aspects, peut-être insignifiants, qui m'interpellent à ce titre et que je pourrais exploiter. Les chroniqueurs jouent en quelque sorte le rôle de filtre à particules, de tamis, de «régurgiteur» de tout ce qui se passe à Thoune. Il s'agit en fait de refléter la Bourse Suisse aux Spectacles dans tout ce qu'elle a de subjectif, ceci de manière aussi objective et authentique que possible. Un exercice que l'on ne fait pas en tant qu'artiste, bien sûr. On se frotte davantage aussi à l'animation-agitation de l’événement.

Comment as-tu abordé ce travail de chroniqueur de Bourse?

Je me suis tout simplement promené partout, j'ai écouté, regardé, parlé avec toutes sortes de gens, assisté aux spectacles et je me suis surtout laissé porter par le mouvement. Comme tout reporter qui se respecte, justement – tout au flair. J'avais bien quelques points fixes, certains spectacles et blocs que je ne voulais pas manquer, mais les rencontres vraiment intéressantes sont survenues spontanément, sans préparation. Il faut juste se laisser embarquer. S'en priver serait dommage. J'ai à chaque fois pris des notes, bien sûr, et à midi je m'arrêtais pour rédiger mon texte et l'envoyer. Pour pouvoir immédiatement après me replonger dans le courant. Ma maxime était: tout est intéressant, rien n'est trop banal.

La chroniqueuse francophone de la Bourse, Marianne Finazzi, décrit dans sa chronique comment tu te déplaces dans la Bourse et retiens comme une éponge tout ce que tu entends et vois – comment l'as-tu perçue, pour ta part?

Chaque matin, nous nous retrouvions pour un café. Elle me lisait sa chronique et je lui racontais ce que je vivais. L'étonnant, c'est que malgré notre différence d'âge, malgré nos manières de fonctionner et nos backgrounds foncièrement différents, nous nous sommes d'emblée très bien entendus. Nous nous sommes souvent rencontrés pour une cigarette et un café, avons papoté et beaucoup ri. Je crois que Marianne est encore bien plus que moi fan des arts de la scène. Elle en sait beaucoup plus que moi, elle connaît bien les gens et depuis de longues années. Elle est en quelque sorte la Grande Dame de la chronique, alors que je suis un peu le «petit jeune». Je pense que Marianne s'est beaucoup plus concentrée sur ce qui se passait sur les scènes, contrairement à moi qui trouvais intéressant ce qui se passait à côté des scènes.

Quels sont les moments ou événements de la 52ème Bourse Suisse aux Spectacles qui t'ont marqué?

La Soirée de gala a été génialement drôle. Le spectacle était vraiment ce que l'on peut qualifier de grande soirée des arts vivants. C'était très amusant aussi d'observer que certains programmateurs n'ont semble-t-il remarqué que juste avant la fin de la Bourse Suisse aux Spectacles l'existence d'une deuxième aile avec des stands d'agences. Certains ne s'en sont même pas aperçu. Chose que je trouve assez absurde, et donc intéressante.

Quel a été pour toi l'événement-phare de ces quatre jours?

Chaque café pris avec Marianne et le spectacle d'ouverture.

En tant que Suisse allemand, as-tu ressenti aussi fortement que Marianne Finazzi l'existence du Röstigraben?

Personne ne peut ignorer le Röstigraben à Thoune. Mais je ne l'ai pas du tout vécu en me disant: ah voilà, ça c'est nous les Suisses allemands, et ça c'est maintenant les Suisses romands. Mais plutôt: ah, oui, il y a aussi encore les Romands! C'était plutôt une surprise positive. Ce qui est aussi, bien sûr, assez triste. Que l'on vive si près les uns des autres et que l'on ne songe pas que les autres sont là tout au long de l'année et qu'ils font eux aussi des trucs formidables, et pas seulement pendant la Bourse Suisse aux Spectacles. Mais je ne pense pas non plus qu'à cause du Röstigraben, il faille à tout prix forcer la collaboration entre Romands et Suisses allemands. Cela se fera naturellement, s'il le faut.

Interview: Annika Bangerter, traduction: Patricia Chatelain, Tradirapid
(7-2011)