Vente aux enchères «la Bourse»

Pour la 50ème édition de la Bourse Suisse aux Spectacles de l'atp, différentes personnalités du monde du spectacle, de la politique, du sport, etc., offrent une œuvre d'art ou un objet à l'atp, qui seront ensuite mis en vente aux enchères lors de «die Börse – la Bourse» et les fonds ainsi récoltés seront destinés au soutien de la Bourse Suisse aux Spectacles.

 

Une œuvre d'art? Une toile, un souvenir, un passage sur scène, un concert … Qui parmi les artistes, les créateurs culturels, les sportifs, n'a pas quelques souvenirs, objet ou autre curiosité lui rappelant un moment de sa carrière, enfouis dans sa cave ou son grenier?

 

Cette musicienne ou ce chanteur ne peignent-ils ou ne dessinent-ils pas à merveille? Le leader d'un groupe n'offrirait-il pas à la vente aux enchères le support sonore de son tout premier enregistrement? Est-ce qu'une comédienne ne «tourne»-t-elle pas de véritables bols à lait de l'Emmental? Et cette star a-t-elle sauvé par miracle sa toute première flûte à bec? Et ne trouve-t-on pas, encadré sur le mur du bureau de cet écrivain, son premier article publié?

 

Pour le jubilé de la 50ème Bourse Suisse aux Spectacles, des personnalités du monde des arts et de la scène deviennent des «commissaires-priseurs» à «die Börse – la Bourse».

 

But: Solidarité entre artistes. On parlera partout de cet événement «die Börse – la Bourse».

 

Le contenu de la suite n'existe qu'en allemand.

 

Embrasser la muse plutôt que chasser l'ours

Le Duc Bertold V von Zähringen était un chasseur passionné. En 1191, comme le veut la légende, il vagabondait sur la plus belle presqu'île de l'Aar et décida d'y fonder un site reconnu au patrimoine mondial de l'Unesco. L'endroit devait, toujours selon la légende, porter le nom du premier animal qui passerait dans sa ligne de mire.

 

Honoré public, imaginons un instant qu'il se fût agi d'un sanglier. La Ville fédérale s'appellerait aujourd'hui Groinbourg et nous serions malheureux. Eût-il tiré en l'air et touché un oiseau, notre Palais fédéral siégerait à Merleville. Et notre belle attraction touristique serait une immense volière.

 

Bertold avait cependant bien plus d'ambition pour nous puisqu'il occit un véritable ours. Il semblerait que ce fut en grande partie par coquetterie, le sieur portant déjà le nom de la bête dans son propre nom (Ber = Bär = ours).

 

Mais que serait-il advenu si le vaillant Zähringer avait, au lieu d'un ours, rencontré une muse? Nous aurions sous les yeux une seule et immense place publique fourmillant d'idées, de créativité et d'inspiration, où les arts scéniques et les scènes artistiques témoigneraient de l'amour inconditionnel du monde et de l'humanité, ainsi que du caractère de l'éphémère de notre existence.

 

360 jours par année, je suis reconnaissant et heureux de l'issue heureuse de cette chasse ducale. Berne est la plus belle ville du monde. Les cinq autres jours, je file ailleurs, tenté par le baiser de la muse plutôt que par la légende de l'ours. A Thoune plus précisément. Dans le monde merveilleux des arts de la scène. Dans l'unique Bourse qui a érigé les applaudissements en salaire et l'enchantement du public comme bonus. Chapeau!

 

Je souhaite à la Bourse Suisse aux Spectacles de l'atp une année de chantier comblée de bonheur.

 

Alexander Tschäppät

Président du comité de patronage des Arts de la scène, Suisse

Maire de la Ville de Berne

Ancien Conseiller national

Ancien président Groupe parlementaire pour les questions culturelles