Piazza

Prix Suisse de la Scène 2012 de l'atp à Pippo Pollina

Depuis plusieurs décennies, cet auteur-compositeur-interprète sicilien, qui vit en Suisse, parcourt l'Europe avec ses tours de chant. Artiste aux multiples facettes, Pippo Pollina s'est plu à composer un opéra avec lequel il s'accorde le plaisir d'accompagner un orchestre symphonique lors d'une tournée en Italie et en Suisse, le tout avec le même talent. Aujourd'hui, l'atp – Association artistes – théâtres – promotion, Suisse, décerne à Pippo Pollina le Prix Suisse de la Scène 2012. Doté de 10'000 francs, ce prix sera remis le jeudi 12 avril 2012 à l'occasion de la Soirée de gala en ouverture de la 53ème Bourse Suisse aux Spectacles de l'atp, à Thoune.

Pippo Pollina naît en 1963. Il grandit à Palerme (Sicile) où il obtient une licence en droit, tout en étudiant la guitare classique au conservatoire. Il s'implique dans la lutte anti-mafia et travaille comme journaliste au mensuel catane «I Siciliani», jusqu'au jour où le rédacteur en chef Giuseppe Fava est assassiné par la Cosa Nostra. Avec d'autres musiciens de Palerme, Pollina fonde le groupe «Agricantus» avec lequel il présente ses premiers concerts, en Italie et à l'étranger. Fin 1985, Pippo Pollina quitte l'Italie et voyage pendant trois ans autour du monde avant de s'établir en Suisse. Il vit aujourd'hui à Zurich.

Plus de 150 chansons ont été gravées sur les sillons de 15 albums, et plus de 3000 concerts ont fait vibrer le public en Italie, Allemagne, Autriche, Belgique, Egypte, France, Luxembourg, Pays-Bas – et bien sûr en Suisse.

Pippo Pollina est un artiste en perpétuelle quête créative. Son cheminement artistique se caractérise aussi par d'innombrables collaborations, notamment avec des artistes et des groupes comme Georges Moustaki, Franco Battiato, Inti Illimani, Nada, Charlie Mariano, Konstantin Wecker, Linard Bardill ou Patent Ochsner. Les nombreuses distinctions dont il a été honoré, tant en Italie que dans d'autres pays attestent de ses nombreux talents et de son appartenance à la grande tradition des auteurs-compositeurs-interprètes italiens.

Pippo Pollina remplit les salles de concert car il touche son public par l'intensité de sa musique et la profondeur de ses textes. Cet artiste socialement engagé, grand représentant d'une italianité authentique et moderne chante le respect de l'être humain comme fondement de la société. Pippo Pollina se voit descerner le Prix Suisse de la Scène 2012 de l'atp tant pour son engagement social et politique que pour son ouverture musicale et sa soif d'aventure.

Texte: Tabea Steiner, traduction Patricia Chatelain, Tradirapid
Photo: Sabine Burger

Commande de billets Soirée de gala avec remise de Prix jeudi 12 avril 2012

pippopollina.com

Anne Jäggi devient la nouvelle directrice de l'atp

Le comité de l'atp – Association artistes – théâtres – promotion, Suisse, a nommé Anne Jäggi en qualité de nouvelle directrice. Elle entrera en fonction dans le courant de l'année 2012.

Anne Jäggi est chargée culturelle de la Ville de Berthoud depuis 2003 et elle préside la Conférence des villes en matière culturelle (CVC). Cette quadragénaire a étudié les sciences du théâtre, la littérature allemande contemporaine et les sciences du journalisme et de la communication aux universités de Berne et de Fribourg. Avec plusieurs publications, entre autres pour le Dictionnaire du théâtre en Suisse, elle s'est fait remarquer dans le domaine des arts de la scène notamment. Anne Jäggi vit à Bienne avec ses deux enfants âgés de 5 et 10 ans.

Anne Jäggi (photo: Sabine Burger) succède, en qualité de directrice de l'atp, à ...

Claus Widmer

... Claus Widmer qui tient les rênes de cette association depuis l'an 2000. En mai 2013, Claus Widmer atteindra l'âge de la retraite et quittera alors ses fonctions. (Photo: Irene Widmer)

Anne Jäggi et Claus Widmer collaboreront ainsi durant quelques mois pour assurer une transition optimale de la direction et garantir au mieux le suivi dossiers.

Peter Bissegger

... qui fait partie du comité de l'atp depuis 1990 et qui préside l'atp depuis 1992, quittera ses habits de président et de membre du comité après la Bourse Suisse aux Spectacles 2012. L'Assemblée générale de l'atp prendra une décision quant à sa succession au début de l'été 2012. (Photo: Sabine Burger)

(12-2011)

La Bourse Suisse aux Spectacles désormais avec l'art visuel et rhétorique

Lors de la 53ème Bourse Suisse aux Spectacles 2012, la diversité des arts vivants s'enrichit de nouveaux projets interdisciplinaires. On découvrira ainsi l'art de la rhétorique sous forme de prises de paroles acérées à Thoune, et les arts visuels présenteront des perspectives novatrices au travers de performances. Les candidates et candidats intéressés peuvent encore s'inscrire jusqu'à fin janvier.

Avec la Bourse Suisse aux Spectacles, le KKThun, Centre de culture et de congrès, se transforme une fois par année en un véritable kaléidoscope de la création artistique dans les disciplines les plus variées. A cette occasion, les productions les plus récentes des arts de la scène focalisent toute l'attention. Leur richesse créatrice et les perspectives nouvelles qu'elle ouvre seront dorénavant complétées par deux autres projets. En collaboration avec Visarte, fédération professionnelle des arts visuels, de nouvelles plates-formes verront le jour pour faire jaillir à Thoune l'art de la rhétorique et les beaux-arts, et permettre ainsi de créer de nouveaux points de contact.

A la manière d'un «Speakers Corner», les participants au nouveau programme «Discours courts» ont à leur disposition un podium avec un pupitre d'orateur et une fenêtre temps d'exactement 3 minutes et 33 secondes. L'objectif consiste à dire beaucoup – en termes de qualité – dans le temps le plus court. Il n'y a pas de thème imposé, ce sont plutôt les interpellations et les discours eux-mêmes qui sont au centre de cet exercice. On mise sur l'innovation langagière et la créativité pour susciter des réactions au travers de ces discours et interpellations. En 27 minutes et 33 secondes, les spectateurs peuvent se laisser séduire par sept avis différents pour continuer à y réfléchir ou pour entamer plus tard des discussions nourries. La participation à ce programme est ouverte à toutes les personnes intéressées, à titre purement gracieux.

En plus des scènes de la Bourse Suisse aux Spectacles, on pourra voir cette année pour la première fois des projets du programme «Perfomances». Sont présentés dans ce cadre des travaux interdisciplinaires des domaines des arts visuels et des arts vivants. Et là encore aucune contrainte quant aux contenus ou à leur présentation. L'objectif est d'étonner les visiteurs de la Bourse Suisse aux Spectacles sur les plans les plus divers. Comme il s'agit d'un projet pilote basé sur la collaboration entre l'atp et Visarte, les frais seront pris en charge par ces deux associations pendant la première année. Les conditions pour participer sont d'être membre et de déposer un dossier complet d'ici au 31 janvier 2012. Ces points seront contrôlés par une commission de sélection de l'atp dans laquelle siégera un représentant de Visarte.

Tous les compléments d'information pour l'inscription et les dossiers se trouvent ici:
Discours courts
Performances
visarte.ch

Texte: Annika Bangerter, traduction: Patricia Chatelain, Tradirapid
(1-2012)

Trois questions à Heinrich Gartentor président central de Visarte Société des artistes visuels, Suisse

Comment est née la collaboration entre l'atp et Visarte?

A l'origine, l'atp s'est adressée à moi pour imaginer un cadeau pour les bénévoles de la Bourse Suisse aux Spectacles. J'ai trouvé dommage de recourir aux arts visuels à titre purement décoratif et j'ai proposé une collaboration plus large. Et dans cette optique, Visarte aimerait concourir à ouvrir une fenêtre sur des projets qui dépassent les frontières des différentes disciplines artistiques, autrement dit des projets qui pourront s'insérer dans la Bourse Suisse aux Spectacles comme les pièces d'un puzzle.

«Discours courts» et les arts visuels: comment expliquer ici les rapports?

Il n'y a pas de vernissage sans discours et interventions. Ceux-ci sont hélas rarement captivants, car bien trop souvent composés de suites de formules ennuyeuses et compassées. Mais dans le domaine artistique, il faut pouvoir s'exprimer de manière intéressante et percutante. C'est ce que nous voulons promouvoir. Le fait que les contributions soient bien documentées pourrait faire prendre conscience qu'on trouve dans les institutions culturelles des personnes qui savent s'exprimer et qui ont quelque chose à dire.

Que doivent apporter avec elles les participant-e-s aux deux nouvelles plates-formes «Discours courts» et «Performances»?

Concernant le projet «Discours courts», il faut clairement délimiter les exigences du genre «Spoken Word». On attend des discours et interventions concis, sans restrictions quant aux thèmes. Tout le monde peut s'exprimer. Je trouverais très passionnant que des individus aux vécus très différents, par exemple issus du monde de la culture ou de la politique, participent à ce projet. Et pour ce qui concerne «Performances», le champ des possibilités est extrêmement vaste. Il importe ici que les projets des arts visuels et des arts vivants soient interdisciplinaires. Par principe, il faudrait éviter de fixer des limites trop strictes. On connaît d'ailleurs aujourd'hui de magnifiques exemples avec les Mummenschanz, qui travaillent de manière très sculpturale, ou avec Urs Wehrli, qui range l'art à la perfection. Bref, il s'agit de créer un moyen qui ne présente plus les arts visuels comme une pure décoration visuelle.

gartentor.ch
Interview: Annika Bangerter, traduction: Patricia Chatelain, Tradirapid
(1-2012)

Nouvelle plate-forme pour critiques culturelles

Le site Internet theaterkritik.ch a vu le jour en novembre 2011. Grâce à cette plate-forme, les productions théâtrales et de danse auront droit, contre paiement, à deux critiques journalistiques rédigées de la plume d'auteurs renommés. Avec cette offre, les exploitants de ce site visent une réflexion plus approfondie sur les arts vivants suisses.

La période de répétitions, intensive, est terminée. Beaucoup de temps, de travail, d'engagement et d'ardeur sont au cœur de cette création, mais personne n'écrit une ligne à propos de tout ça. Ce sont surtout les productions plus modestes qui se retrouvent souvent confrontées à un manque d'intérêt des médias. Pour que le travail public fasse aussi l'objet d'un vrai débat, si nécessaire, les exploitants de theaterkritik.ch lancent une plate-forme en ligne pour des critiques étayées. En ayant recours à des journalistes expérimentés de la rubrique culture, l'objectif est de garantir une grande compétence professionnelle. Cette volonté a toutefois aussi un prix pour les créateurs de théâtre. Le compte rendu d'une production coûte 600 francs. «Nous sommes bien conscients que ceci représente pour les créateurs culturels un poste non négligeable au budget. Mais les textes peuvent être utilisés à des fins de RP et comme référence pour un engagement, ils ont donc un pouvoir de rayonnement plus durable», explique la directrice de projet Lena Rittmeyer. A cet égard, l'un des principes postulés de theaterkritik.ch est la grande objectivité d'une méthode de travail journalistique indépendante. Les créateurs de théâtre doivent donc aussi s'attendre à ce que des points négatifs figurent dans les comptes rendus. Lena Rittmeyer y voit cependant aussi une chance: «Un commentaire négatif doit être plausible aussi bien pour les artistes que pour le public. Des voix critiques font partie de ce processus et font progresser. Il vaut toujours mieux faire l'objet d'une démolition en règle et bien fondée que de ne pas avoir d'échos du tout du tout.» Pour éviter que la création scénique soit soumise à une réflexion unique, le concept de theaterkritik.ch prévoit toujours deux comptes rendus. De plus, la page d'accueil propose aussi la description du projet des artistes et une fonction commentaire est à la disposition du public. Il devrait en résulter une base favorable à la discussion, pour un échange de vues diversifié.

Derrière le portail en ligne de theaterkritik.ch, on trouve aussi bien le groupe de travail avec la metteure en scène Ursina Greuel et la directrice de projet Lena Rittmeyer que le groupe de pilotage qui est à la disposition des exploitants dans son rôle de consultant. Une rédaction allemande et française rédige les textes et les publie déjà le lendemain de la première. Le projet pilote prévoit une extension du réseau avec une rédaction italienne la deuxième année. La directrice de projet Lena Rittmeyer peut déjà tirer un bilan positif à propos du démarrage de la plate-forme en ligne avant l'ouverture officielle du site. Cette plate-forme a déclenché un très large écho, puisque, avant le démarrage déjà, il est entré plus de demandes qu'il n'y a de capacités rédactionnelles à disposition. Pour que le postulat de base soit satisfait, le cercle des critiques est élargi avec d'autres auteurs.

theaterkritik.ch
Texte: Annika Bangerter, traduction: Patricia Chatelain, Tradirapid
(11-2011)

Trois questions à Lena Rittmeyer directrice du projet de theaterkritik.ch

Comment est née l'idée d'une plate-forme en ligne pour les critiques de théâtre et de danse?

Les deux metteurs en scène Ursina Greuel et Markus Wolff voulaient réagir contre le manque de comptes rendus culturels et proposer une solution. theaterkritik.ch est donc leur réponse à cette grave lacune. L'idée maîtresse est née il y a environ deux ans déjà. Avant que tout le projet ne démarre, les deux principaux initiateurs ont effectué des sondages auprès des membres d'Act. C'est sur cette base qu'a ensuite été élaboré le concept. L'idée de theaterkritik.ch a été développée sur des bases solides et sur une période relativement longue.

N'est-ce pas un paradoxe que de devoir payer pour une critique indépendante?

Non, nous voulons mettre sur pied une plate-forme qui propose une critique culturelle professionnelle. Ce sont surtout les troupes de théâtre ou de danse de petite taille et méconnues que les médias ont tendance à ignorer. theaterkritik.ch veut lutter contre cette réalité. Nous ne voyons aucune contradiction dans cette contribution financière, étant donné que nos auteurs distinguent clairement celle-ci du contenu. En assistant au spectacle et en y réfléchissant, ils fournissent un travail qui mérite salaire.

A qui recommandez-vous une telle critique?

A toutes les troupes de théâtre et de danse qui proposent une nouvelle production et qui veulent continuer à progresser. Avec les deux critiques de theaterkritik.ch, leur travail est mis en lumière. Il y a ainsi un regard extérieur professionnel sur la création artistique.

theaterkritik.ch
 Interview: Annika Bangerter, traduction: Patricia Chatelain, Tradirapid
 (11-2011)
 

Les Mummenschanz fêtent leurs 40 ans avec un Gala de soutien ...

... en faveur de l'atp – Association artistes – théâtre – promotion, Suisse, et de la Bourse Suisse aux Spectacles de l'atp.

Dans le cadre de leur tournée anniversaire, les Mummenschanz donneront un Gala de soutien en faveur de l'atp le jeudi 29 mars 2012, gala qui constituera le coup d'envoi de la 53ème Bourse Suisse aux Spectacles.

Saisissez cette opportunité de vivre un tel spectacle en direct pour la dernière fois avec Bernie Schürch, membre fondateur et récipiendaire du Prix d'Honneur de l'atp. Le père fondateur des Mummenschanz se retire et prend congé de la scène avec sa tournée d'adieu à l'occasion du 40ème anniversaire de la troupe.

Pour les lectrices et lecteurs d'atp.ch nous proposons des billets au tarif «combi» pour le Gala de soutien des Mummenschanz et pour la Soirée de gala avec remise du Prix Suisse de la Scène et du Prix Suisse d'Innovation.

Photo 4 : Bernie Schürch, fondateur des Mummenschanz
Photo 5 : Floriana Frassetto, fondatrice des Mummenschanz

Dates

  • Gala de soutien des Mummenschanz en faveur de l'atp
    Jeudi 29 mars 2012, 20.00 heures, au «KKThun», Centre de culture et de congrès, Thoune.
  • Soirée de gala avec remise de Prix en ouverture de la 53ème Bourse Suisse aux Spectacles de l'atp
    Jeudi 12 avril 2012, 20.30 heures, au «KKThun», Centre de culture et de congrès, Thoune.

Billets

  • Billet «combi», 115 francs
    Place de 1ère catégorie pour le Gala de soutien des Mummenschanz et pour la Soirée de gala
  • Billet «combi» plus, 135 francs
    Place de 1ère catégorie pour le Gala de soutien des Mummenschanz et pour la Soirée de gala
    + apéro avant le Gala de soutien inclus
    + AfterShowDrink avec des artistes de Mummenschanz inclus
  • Billet «combi» extra, 155 francs
    Place de 1ère catégorie pour le Gala de soutien des Mummenschanz et pour la Soirée de gala
    + dîner avant le Gala de soutien inclus
    + AfterShowDrink avec des artistes de Mummenschanz inclus
  • Uniquement Gala de soutien des Mummenschanz en faveur de l'atp
  • 1ère catégorie: 65 francs
  • 2ème catégorie: 55 francs
  • 3ème catégorie: 45 francs
  • Uniquement Soirée de gala
  • 1ère catégorie: 65 francs
  • 2ème catégorie: 55 francs
  • 3ème catégorie: 45 francs

Les billets «combi» et les billets pour le Gala de soutien des Mummenschanz peuvent être commandés ici
Les billets pour la Soirée de gala peuvent être commandés ici

En petits caractères

  • Les billets «combi» sont disponibles uniquement pour la 1ère catégorie.
  • La facture est envoyée après réception de la réservation.
  • Après réception du paiement, le billet est confirmé, réservé et mis de côté pour vous à la caisse du soir.
  • Les prix des billets sont valables jusqu'au 31 décembre 2011.

mummenschanz.ch

Coup d'œil rétrospectif sur la Bourse Suisse aux Spectacles 2011 avec le Duo Luna-tic

Leurs interventions entre les spectacles ont permis à chaque fois de porter les arts vivants sur le haut de la scène, en quelques minutes captivantes. Avec leurs annonces pleines de fraîcheur et d'imagination, le Duo Luna-tic a enchanté la 52ème Bourse Suisse aux Spectacles, touchant le cœur du public. Dans l'interview accordée à l'atp, les artistes Judith Bach et Stéfanie Lang reviennent sur la Bourse Suisse aux Spectacles 2011, sur leur première expérience en tant que présentatrices et sur les événements forts vécus par chacune d'elles.

Interview avec le Duo Luna-tic: Judith Bach et Stéfanie Lang

Comment avez-vous vécu votre rôle de présentatrices à la Bourse Suisse aux Spectacles de cette année?

Judith et Stéfanie: Ce fut un véritable marathon – mais une expérience magnifique. Comme nous nous étions plutôt bien préparées, ce fut comme rester sur scène durant trois jours. Mais en même temps tout autre chose: dans l'art de la présentation, il s'agit de dérouler un tapis rouge pour le prochain artiste qui va se produire, de faire preuve de modestie et de ne pas se mettre soi-même sous le feu des projecteurs. En théorie, c'est bien plus facile que ça ne l'est en réalité. Car nous avions la prétention de rester malgré tout fidèles à nos personnages du Duo Luna-tic, Olli et Claire. Et oui, nous avons essayé d'offrir un peu de légèreté et de gaîté aux 800 personnes qui, toujours pleines d'espoir, avaient les yeux rivés sur la scène. Claire ne peut pas s'en empêcher. Elle veut être aimée par son public.

Vous est-il déjà arrivé de présenter de tels événements ou était-ce une première?

Judith: C'était bel et bien une première – et quelle première! Avant la date, j'ai fait plein de cauchemars et je n'ai rien pu avaler pendant trois jours. Moi qui joue le personnage de Claire, une femme de bon sens!

Comment vous êtes-vous préparées?

Judith: Nous avons googlé tous les artistes. Je me suis bricolé un cahier dans lequel je collais des choses marrantes, et aussi bien sûr importantes. La démarche a été passionnante. Puis, nous avons envoyé un courriel à chaque artiste, lui demandant s'il y avait encore quelque chose d'essentiel à dire à son sujet. Nous avons reçu des réponses de toutes sortes! Puis vint le moment déterminant: la première rencontre backstage. Pour certains, il m'a semblé qu'ils comptaient sur moi pour les rassurer. Alors que moi-même je n'en menais pas large!

Quels sont les grands défis de ce genre de présentations?

Judith et Stéfanie: Garder son calme et les idées claires. Chaque mini-présentation est conçue et ciselée pour une seule apparition sur scène. Ce qui veut dire: toutes les vingt minutes, vivre l'instant avec le maximum de présence et de lucidité.

Quels moments ou situations de la 52ème Bourse Suisse aux Spectacles vous ont le plus marquées?

Stéfanie: Les nombreuses rencontres avec les organisateurs, mais aussi avec les gens en backstage, ainsi que les adieux poignants à la fin de la bourse. On croise tant d'acteurs en coulisses: les techniciens qui restent concentrés de huit heures du matin à minuit, ou encore les personnes en charge des boissons et de la nourriture, qui sont toujours restées de bonne humeur. Dans les coulisses, c'est vraiment un théâtre dans le théâtre.

Judith: Je dirais spontanément ma toute première apparition à la Soirée de gala. Le micro d'Olli ne fonctionnait pas et j'ai dû improviser. Pour le reste, je retiens tous les moments où nous avons pu si intensément sentir que le public avait du plaisir à nous suivre. Mais aussi les processus de routine avec les techniciens et le fait que cela me parût normal de pouvoir m'adresser ainsi à quelque 800 personnes. Pour ce qui est de la clôture de la Bourse, je me souviens avec plaisir avoir chanté la chanson des techniciens et en avoir eu la chair de poule. J'ai pensé à toutes ces personnes qui avaient bossé dur pour cette bourse et qui ne recevaient pas l'énorme vague de reconnaissance qui nous était destinée. Sans oublier les nombreuses petites rencontres avec les artistes. M'endormir vers dix heures et demie, être réveillée par Stef: «Il faut monter sur scène!» et hop, être de nouveau debout. Et, et, et tant d'autres moments précieux ...

Quels ont été vos coups de cœur durant ces quatre jours?

Stéfanie: La remise du prix au Karl's kühne Gassenschau et de réaliser comment, dans ce monde des arts de la scène, on construit patiemment sa route: tant de travail et d'années, tant de passion pour arriver à un tel résultat. C'était vraiment perceptible à ce moment-là. Puis la première apparition, l'ouverture de la 52ème Bourse Suisse aux Spectacles. 800 personnes en attente de nouveaux spectacles et de nouvelles troupes, et en coulisses la même tension et le même espoir. Courir en costume à travers Thoune pour le marathon des présentations, de la salle Schadau à l'A-cappella-Night au cœur de Thoune, a aussi été un moment fort. Et pour finir en beauté, la danse après notre prestation, danse qui nous a permis d'éliminer la tension et la concentration le plus naturellement du monde!

A la Bourse Suisse aux Spectacles, vous êtes devenues, à juste titre, les chouchous du public. Quelles réactions avez-vous reçues suite à votre prestation?

Stéfanie et Judith: Nous recevons encore et toujours des compliments de la part des organisateurs, de l'atp et d'autres artistes. C'est génial. Nous en sommes ravies. En plus du festival d'Avignon, la Bourse a été l'événement Luna-tic de cette année.

Interview: Annika Bangerter, traduction: Patricia Chatelain, Tradirapid
Photos: Sabine Burger

Petit bilan des deux chroniqueurs de la Bourse

Avec leurs chroniques nourries de leurs observations et expériences à la 52ème Bourse Suisse aux Spectacles de l'atp, ils ont composé un kaléidoscope d'impressions des quatre jours de la Bourse: les deux chroniqueurs Marianne Finazzi et Gabriel Vetter. Dans l'interview avec l'atp, ils évoquent leur travail comme chroniqueurs, les moments forts et les événements plus personnels à l'occasion de la Bourse Suisse aux Spectacles 2011.

Interview avec Marianne Finazzi

Est-ce que tu as vécu cette Bourse Suisse aux Spectacles de manière différente ou nouvelle par rapport aux années précédentes?

En tant que chroniqueuse, j'ai vécu cette 52ème Bourse Suisse aux Spectacles d'une manière complètement différente de celles auxquelles je participais dans le but de découvrir des spectacles que les Kulturtäter inviteraient par la suite au Théâtre de Poche à Bienne. Cette année, j'étais censée me promener partout afin de décrire l'ambiance générale et pour cette raison j'ai vu moins de spectacles.

Comment as-tu abordé ce travail de chroniqueuse de Bourse?

C'est la première fois que j'étais appelée à cette fonction et bien sûr j'étais un peu inquiète. Arrivée sur place, j'ai décidé d'opter pour la spontanéité et me suis laissée guider par mes envies. N'ayant reçu aucune directive de l'atp, je me suis sentie entièrement libre.

As-tu rencontré Gabriel Vetter et discuté avec lui des chroniques à rédiger sur la Bourse?

Lors de la conférence aux médias, mercredi en fin d'après-midi, j'ai fait la connaissance de Gabriel Vetter, chroniqueur de langue allemande. J'ai immédiatement ressenti de la sympathie pour lui et cette complicité s'est confirmée lors de nos rencontres tout au long de la Bourse.

Quels sont les moments ou événements de la 52ème Bourse Suisse aux Spectacles qui t'ont marquée?

J'ai fait de nombreuses rencontres avec des agents, des programmateurs et des artistes avec lesquels j'ai eu d'excellents contacts, et j'en ai retrouvé d'autres, avec plaisir, que je n'avais pas revus depuis plusieurs années.

Quel a été pour toi l'événement-phare de ces quatre jours?

Je garde un beau souvenir de la Soirée de Gala. Karl's kühne Gassenschau a largement mérité le Prix Suisse de la Scène et j'ai eu un immense plaisir de revoir certains personnages de Silo 8. Les différentes prestations de cette soirée étaient d'une grande qualité. Ce qui m'a frappée aussi, c'est le professionnalisme des équipes administratives et techniques. Le nouveau KKThun a été investi de manière optimale.

Dans tes chroniques de la Bourse, tu évoques à plusieurs reprises les barrières linguistiques dans les productions (suisses) allemandes et tu appelles les Romands à venir plus nombreux à la Bourse Suisse aux Spectacles. Quelles passerelles pour franchir le Röstigraben de la Bourse proposes-tu en tant que visiteuse francophone?

Comme chaque année, le manque d'intérêt des francophones est à déplorer et il semblerait que les choses ne changent pas. Que faudrait-il faire? Je pense que cette question est encore et toujours posée par les responsables de l'atp. Peut-être faudrait-il travailler davantage avec les médias de Suisse romande. Lors de la conférence aux médias, une journaliste francophone a fait une brève apparition, avant de disparaître. Peut-être aussi faudrait-il informer de manière plus soutenue les directeurs de théâtres, les programmateurs, les agents et les artistes. Peut-être faudrait-il donner une plus grande place à la langue française. Je sais que des efforts sont faits dans ce sens, mais peut-être n'est-ce pas suffisant. Qu'on le veuille ou non l'atp a une forte connotation alémanique. Remédier à cette situation est sûrement un travail de longue haleine. Que se passerait-il si l'atp faisait un tournus et organisait la Bourse Suisse aux Spectacles chaque année en région alémanique, francophone ou italienne? Y aurait-il une même affluence des autres régions? Je crois savoir que la Bourse Suisse aux Spectacles aura lieu à Thoune pour plusieurs années encore. En effet, une enquête a été faite dans une dizaine de villes suisses et c'est la seule qui a réuni presque tous les critères requis par l'atp. L'itinérance de la Bourse Suisse aux Spectacles jusqu'en 1998 a bien prouvé que les Romands se déplaçaient difficilement, même lorsqu'elle était organisée en Suisse romande.

Interview: Annika Bangerter, traduction: Patricia Chatelain, Tradirapid

Interview avec Gabriel Vetter

En portant la casquette de chroniqueur, as-tu vécu cette Bourse Suisse aux Spectacles de manière différente ou nouvelle par rapport aux années précédentes?

Je l'ai bien sûr vécue différemment, même si, en ce qui concerne la Bourse Suisse aux Spectacles, je suis encore assez novice et que, par conséquent, je n'ai pas énormément de points de comparaison. On se déplace cependant autrement en tant que chroniqueur. Il y a d'autres aspects, peut-être insignifiants, qui m'interpellent à ce titre et que je pourrais exploiter. Les chroniqueurs jouent en quelque sorte le rôle de filtre à particules, de tamis, de «régurgiteur» de tout ce qui se passe à Thoune. Il s'agit en fait de refléter la Bourse Suisse aux Spectacles dans tout ce qu'elle a de subjectif, ceci de manière aussi objective et authentique que possible. Un exercice que l'on ne fait pas en tant qu'artiste, bien sûr. On se frotte davantage aussi à l'animation-agitation de l’événement.

Comment as-tu abordé ce travail de chroniqueur de Bourse?

Je me suis tout simplement promené partout, j'ai écouté, regardé, parlé avec toutes sortes de gens, assisté aux spectacles et je me suis surtout laissé porter par le mouvement. Comme tout reporter qui se respecte, justement – tout au flair. J'avais bien quelques points fixes, certains spectacles et blocs que je ne voulais pas manquer, mais les rencontres vraiment intéressantes sont survenues spontanément, sans préparation. Il faut juste se laisser embarquer. S'en priver serait dommage. J'ai à chaque fois pris des notes, bien sûr, et à midi je m'arrêtais pour rédiger mon texte et l'envoyer. Pour pouvoir immédiatement après me replonger dans le courant. Ma maxime était: tout est intéressant, rien n'est trop banal.

La chroniqueuse francophone de la Bourse, Marianne Finazzi, décrit dans sa chronique comment tu te déplaces dans la Bourse et retiens comme une éponge tout ce que tu entends et vois – comment l'as-tu perçue, pour ta part?

Chaque matin, nous nous retrouvions pour un café. Elle me lisait sa chronique et je lui racontais ce que je vivais. L'étonnant, c'est que malgré notre différence d'âge, malgré nos manières de fonctionner et nos backgrounds foncièrement différents, nous nous sommes d'emblée très bien entendus. Nous nous sommes souvent rencontrés pour une cigarette et un café, avons papoté et beaucoup ri. Je crois que Marianne est encore bien plus que moi fan des arts de la scène. Elle en sait beaucoup plus que moi, elle connaît bien les gens et depuis de longues années. Elle est en quelque sorte la Grande Dame de la chronique, alors que je suis un peu le «petit jeune». Je pense que Marianne s'est beaucoup plus concentrée sur ce qui se passait sur les scènes, contrairement à moi qui trouvais intéressant ce qui se passait à côté des scènes.

Quels sont les moments ou événements de la 52ème Bourse Suisse aux Spectacles qui t'ont marqué?

La Soirée de gala a été génialement drôle. Le spectacle était vraiment ce que l'on peut qualifier de grande soirée des arts vivants. C'était très amusant aussi d'observer que certains programmateurs n'ont semble-t-il remarqué que juste avant la fin de la Bourse Suisse aux Spectacles l'existence d'une deuxième aile avec des stands d'agences. Certains ne s'en sont même pas aperçu. Chose que je trouve assez absurde, et donc intéressante.

Quel a été pour toi l'événement-phare de ces quatre jours?

Chaque café pris avec Marianne et le spectacle d'ouverture.

En tant que Suisse allemand, as-tu ressenti aussi fortement que Marianne Finazzi l'existence du Röstigraben?

Personne ne peut ignorer le Röstigraben à Thoune. Mais je ne l'ai pas du tout vécu en me disant: ah voilà, ça c'est nous les Suisses allemands, et ça c'est maintenant les Suisses romands. Mais plutôt: ah, oui, il y a aussi encore les Romands! C'était plutôt une surprise positive. Ce qui est aussi, bien sûr, assez triste. Que l'on vive si près les uns des autres et que l'on ne songe pas que les autres sont là tout au long de l'année et qu'ils font eux aussi des trucs formidables, et pas seulement pendant la Bourse Suisse aux Spectacles. Mais je ne pense pas non plus qu'à cause du Röstigraben, il faille à tout prix forcer la collaboration entre Romands et Suisses allemands. Cela se fera naturellement, s'il le faut.

Interview: Annika Bangerter, traduction: Patricia Chatelain, Tradirapid
(7-2011)